Classique à l’Abbaye – Concert du Nouvel An / Vahan Mardirossian

Le dimanche 10 janvier 2021
  • À 17:00
Jette, église Notre-Dame de Lourdes

À propos de cet événement

La série « Classique à l’Abbaye – Klassiek in de Abdij », bien connue des amateurs de musique, invite l‘Orchestre Royal de Chambre de Wallonie sous la direction de Vahan Mardirossian pour fêter le nouvel an.

Le programme de ce concert est placé sous le signe des « contrastes ».

  • Contrastes dans les démarche musicale – l’inspiration, le remaniement des mélodies populaires et l’invention musicale pure.
  • Contrastes des périodes – entre l’harmonie du 18ème siècle et la recherche des dissonances et d’un nouveau langage du 20ème siècle.
  • Contrastes géographiques qui nous emmènent de l’Europe centrale à la Finlande nordique.

La Sérénade n°13, K525, de Wolfgang Amadeus Mozart, plus connue sous le titre « Eine Kleine Nachtmusik » (La Petite Musique de Nuitde Mozart) a été écrite en août 1787, à peine quelques mois après la mort de Leopold Mozart – son père, pour lui rendre hommage.

Mozart travaillait alors sur l’un de ses opéras le plus sombre, « Don Giovanni ».

Malgré cette période très éprouvante pour Mozart, la Musique de cette Sérénade nous frappe par sa lumière, sa légèreté et son optimisme ; comme si Mozart voulait, consciemment ou inconsciemment, sortir de cet état tragique dans lequel, malheureusement, il restera jusqu’à son dernier souffle, quatre ans plus tard.

Alfred Einstein écrivait à propos de la Sérénade : “toutes les énigmes soulevées par cette œuvre seraient résolues en supposant que Mozart l’écrivit pour lui-même, pour satisfaire une nécessité intérieure”.

La Petite Musique de Nuit, une des œuvres les plus populaires de Mozart, est composée initialement en cinq mouvements ; mais seul quatre mouvements (1.Allegro, 2.Romance, 3.Menuet et 4.Rondo) sont arrivés jusqu’à nos jours. C’est sous cette forme qu’elle nous a été présenté dans sa première édition datant de 1827.  Le manuscrit, qui n’a été retrouvé qu’en 1943, avait quelques pages arrachées entre le premier et le deuxième mouvement. Est-ce que Mozart les avait déchirées ou était-ce quelqu’un d’autre ? Nous ne le savons pas.

1787 fut également l’année où le jeune Ludwig van Beethoven, âgé à peine de 17 ans, rencontra pour la première fois Mozart. Encouragé par son Maitre, il quitta sa Bonn natale et déménagea à Vienne où il se fit reconnaître comme étant le « Grand Beethoven ». Les quatuors à cordes – il en a écrit 16 – occupaient une place particulière dans la vie du compositeur et nous montrent à merveille l’évolution de son écriture. Alors que les 6 premiers quatuors (op.18) sont dans la continuité logique de la tradition établie par Haydn et Mozart, les 5 derniers nous frappent par l’audace, l’inventivité et une indépendance de la pensée musicale qui est sans précédent dans l’histoire de la musique. Beethoven, lui-même, épris par son nouveau langage et connu pour ses incontrôlables colères, allât jusqu’à presque renier ses premiers quatuors qui ont été salués en son temps par le public et les nombreux critiques. Concernant son quatuor op.18 n°4 en do mineur, Beethoven affirmait : « C’est de l’ordure, c’est juste bon pour ce cochon de public ! ». L’histoire nous prouva qu’il exagérait « légèrement » sur sa valeur puisque, depuis deux siècles, ce quatuor, comme toutes ses œuvres de cette période, demeurent parmi les pages les plus chéries non seulement par le public mais également par les musiciens.

Une part considérable de l’œuvre de Béla Bartók témoigne de son attachement au folklore de son pays natal (la Hongrie) et des pays-voisins (entre-autres Roumanie). Il a d’ailleurs fait un travail monumental pour la propagation et la conservation de la musique des Balkans : il a étudié et transcrit les mélodies, les chants traditionnels et les danses qui se transmettaient de manière orale, de génération en génération.

Les « Danses Populaire Roumaines » font partie de cette démarche. Écrites pour piano en 1915, elles sont transcrites pour orchestre deux ans plus tard. Elles sont au nombre de six : « Jocul cu bâta » (Danse du bâton), « Brâul » (Danse du châle), « Pe loc » (Danse sur place), « Buciumeana » (Danse de la corne), « Poarga românescà » (Polka roumaine), « Màruntel » (Danse rapide) Il s’agit de danses brèves et contrastées alliant la richesse rythmique et l’harmonie « modale » propre à cette partie de l’Europe centrale.

A l’inverse de Béla Bartók qui était très attaché au folklore, le compositeur finlandais Jean Sibelius croyait à l’invention pure de la musique ; loin des inspirations et des utilisations des mélodies populaires, son œuvre est avant tout une recherche personnelle, un cheminement spirituel et, à travers ce cheminement, nous pouvons même déceler une angoisse de la musique « pure ». Dans sa musique, il transcrit la nature et les mythologies nordiques en créant son propre style reconnaissable dès les premières mesures – la vertu des grands génies.

La suite champêtre op.98b (Pièce caractéristique, Mélodie élégiaque, Danse) et l’Andante festivo, illustrent parfaitement ses désirs. D’ailleurs, l’Andante festivo sous la baguette de Sibelius est le seul témoignage enregistré de Sibelius en tant que chef d’orchestre. Contrairement aux idées « carrées », nous pouvons constater la liberté des tempos qu’il prend par rapport à la partition.

En collaboration avec l’Administration communale de Jette et le Centre culturel de Jette.

Vahan Mardirossian, direction

Programme :

  • Jean Sibelius : Suite Champêtre
  • Jean Sibelius : Andante Festivo
  • Ludwig van Beethoven : Quatuor op.18 n°4 en ut mineur
  • Béla Bartók : Danses Roumaines
  • Wolfgang Amadeus Mozart : Sérénade n° 13 en sol majeur « Eine kleine Nachtmusik », K. 525, « Une petite musique de nuit »

Vahan Mardirossian, chef d’orchestre – Piano

Après avoir passé 9 ans à la tête de l’Orchestre de Caen (2010-2019), Vahan Mardirossian est nommé Chef Principal du City Chamber Orchestra of Hongkong (CCOHK) en septembre 2019 et Directeur musical de l’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie (ORCW) à partir de janvier 2020. Il est également Directeur Musical de l’Orchestre National de Chambre d’Arménie (NCOA) depuis 2011.

Pianiste reconnu internationalement et chef d’orchestre, Vahan Mardirossian combine depuis plusieurs années ses deux passions en dirigeant les concertos du clavier (Bach, Haydn, Mozart, Beethoven, Grieg, Chostakovitch…). En tant que soliste, il s’est produit sous la direction de grands chefs tels que Kurt Masur, Paavo Järvi, Yutaka Sado, John Axelrod, Yuri Ahronovith… et a enregistré plusieurs disques consacrés à Schubert, Brahms, Bach, Händel, Beethoven, Tanguy, Mulsant…

La rencontre avec Kurt Masur est déterminante dans la carrière de Vahan Mardirossian. A l’invitation du Maestro, il dirige l’orchestre de Manhattan School lors d’un séminaire de direction d’orchestre à New York. Cette opportunité orientera définitivement sa carrière dans cette voie.

En 2005, Vahan Mardirossian crée l’orchestre « Maestria » avec lequel il se produit dans toute la France, dont Paris au Théâtre des Champs-Élysées et Toulouse à la Halle aux Grains.

Il est régulièrement invité à diriger des orchestres prestigieux tels que le NHK Symphony Orchestra,  le New Japan Philharmonic Orchestra, le Tokyo Philharmonic Orchestra, le Prague Philharmonic Orchestra, l’Orchestre National des Pays de Loire, l’Orchestre Symphonique de Moscou « Russian Philharmonic », l’Orchestre Sinfonica de Sanremo, le Real Orchestra Sinfonica de Sevilla, le Philharmonie Südwestfalen, l’Orchestre Colonne…

Il a collaboré avec des solistes de renommée internationale comme Ivry Gitlis, Alexander Markov, Augustin Dumay, Akiko Suwanai, Sergeï Babayan, Alexandre Kantorow, Lars Vogt, Vladimir Sverdlov-Ashkenazy, Diemut Poppen, Brigitte Engerer, Xavier Phillips, Kun Woo Paik, Richard Galliano, Viktoria Postnikova, Daishin Kashimoto, Sergueï Nakariakov, Gary Hoffmann, Alexander Chaushian, Roland Pidoux, Alexandra Soumm, Alexander Ghindin, Igor Tchetuev,  Polina Leschenko, Ashley Wass, Jean-Marc Phillips-Varjabedian, le Trio Wanderer, Jean-Claude Pennetier, Jacques Rouvier, Svetlin Roussev, Marc Coppey, Pavel Vernikov, Nicolas Dautricourt, Stéphane Béchy, Guy Touvron, Stéphanie-Marie Degand, …

Son vaste répertoire s’étend des chefs-d’œuvre baroques aux œuvres contemporaines (Tanguy, Saariaho, Rautavaara, Hersant, Dutilleux, Rihm, Kagel, Crumb, Ligeti, Mulsant, Canat de Chizy…).

Site officiel : vahanmardirossian.com
Crédit photo @ Rino Noviello

Bon à savoir

Eglise Notre-Dame de Lourdes, avenue Charles Woeste, 1090 Jette
Infos et réservations : www.jette.irisnet.be
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