Giacinto Scelsi

Il y a 100 ans naissait Giacinto Scelsi
(La Spezia, 1905 – Rome, 1988)

Aristocrate hautain mais chaleureux, écrivain, poète, Giacinto Scelsi demeure une énigme pour beaucoup. Il est vrai que sa musique est l’une des plus envoûtantes qui soient.

L’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie a enregistré l’intégrale de la musique de chambre pour orchestre à cordes de Scelsi, ouvrage distingué par le “Choc” du “Monde de la Musique”.

Il vous invite à fêter le centenaire de la naissance de Scelsi sous l’égide du son, “force cosmique”.

Né à La Spezia, de descendance noble, Giacinto Scelsi révèle déjà enfant d’extraordinaires dons musicaux en improvisant librement au piano.

Il étudie ensuite la composition à Rome avec Giacinto Sallustio.

Pendant l’entre-deux-guerres et jusqu’au début des années 50, il effectue de nombreux voyages en Afrique et en Orient. Giacinto Scelsi séjourne longuement à l’étranger, principalement en France et en Suisse. Il travaille à Genève avec Egon Koehler qui l’initie au système compositionnel de Scriabine et étudie le dodécaphonisme à Vienne en 1935-36 avec Walter Klein, élève de Schoenberg. Scelsi traverse au cours des années 40 une grave et longue crise personnelle et spirituelle de laquelle il sort, au début des années 50, animé d’une conception renouvelée de la vie et de la musique. Dès lors, le « son » occupera le centre de sa pensée. Rentré à Rome en 1951-52, il mène une vie solitaire dévolue à cette recherche ascétique. Il s’intègre parallèlement au groupe romain Nuova Consonanza qui rassemble des compositeurs d’avant-garde comme Franco Evangelisti. Avec les Quattro Pezzi su una nota sola (1959, pour orchestre de chambre) s’achèvent dix ans d’intense expérimentation; désormais ses œuvres de la maturité accomplissent une sorte de repli à l’intérieur.

Suivent encore plus de vingt-cinq ans d’activité créatrice au cours desquelles la musique de Scelsi n’est que rarement jouée : il faut attendre le mouvement de curiosité (et d’admiration) à son égard de la part de jeunes compositeurs français (Tristan Murail, Gérard Grisey et Michaël Lévinas) au cours des années 70 et les Ferienkurse für Neue Musik de Darmstadt en 1982 pour voir son œuvre reconnue au grand jour.

Auteur d’essais d’esthétique, de poèmes, Giacinto Scelsi est mort le 9 août 1988.

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